Jour de la bête #03 : Les Rêves de G’harne
Jour de la bête

Jour de la bête #03 : Les Rêves de G’harne

Keith Herber

Le royaume d’Égypte vacillait sous des ombres anciennes. Le pharaon Chasechemre Neferhotep Ier, conscient de l’étreinte invisible d’un pouvoir croissant, observait avec une inquiétude froide les manigances de Nophru-Ka, prêtre renégat de Xois, dont la voix enflammée et le regard pénétrant avaient déjà corrompu une partie du peuple. L’influence de Nophru-Ka ne se limitait pas aux hommes : elle s’étendait dans les profondeurs, dans les temples secrets où les fidèles, sous l’égide de Nyarlathotep, invoquaient les dholes, des créatures d’étoiles et de cauchemars, dont le hurlement annonçait la fin des temps.

Les symboles de la Confrérie de la Bête apparaissaient partout, subtilement mais toujours présents : la panthère noire couronnée, mystique et menaçante, rappelait la prophétie que Nophru-Ka avait gravée dans les pages interdites du Kitab al Azif. Assassinée par les émissaires du pharaon en 1733 av. J.-C., sa mort n’avait pas éteint sa voix ; elle résonnait encore dans les ruines de ses temples et dans les rêves des descendants qui marchaient dans son sillage.

À Bouto, la famine et le chaos servaient de prélude au complot. Dététest et Baofré furent témoins de signes qui ne trompent pas : les partisans de Nophru-Ka, la lignée maudite dont les héritiers attendaient, figés dans le temps, dans la cité oubliée de G’harne, et des archives qui racontaient la fuite de la famille vers l’Afrique centrale, guidée par des songes étranges.

Nébet, dans sa soif de pouvoir, souhaitait que son fils devienne pharaon, ignorant que cette ambition s’imbriquait dans le plan millénaire de Nophru-Ka : « le fils se lèverait pour réclamer le titre, régirait le monde au nom de son père ». Le pharaon Neferhotep Ier comprit que chaque mouvement de l’ombre pouvait déclencher une attaque coordonnée des adeptes du prêtre, et que les palais eux-mêmes pourraient devenir des scènes de carnage orchestré par les dholes.

Les rapports d’espionnage décrivaient des visions qui glaçaient le sang. Jet, chef de l’armée, portait les stigmates d’une attaque surnaturelle. Les envoyés rapportaient des paysages déformés, peuplés de vers monstrueux et d’insectes shans, témoins du passage des dieux du chaos. À Bouto, des disparitions inexpliquées menaient vers le sinistre “Château d’Éternité”, où des rituels de la Confrérie et la création de zombies électroniques semaient le trouble et la peur. Une prêtresse de Ouadjet alertait même que ce n’était qu’un prélude à un soulèvement mondial visant à faire sombrer l’humanité dans la folie.

La nuit, Dététest rêvait et voyait. Ses visions étaient des fragments de mémoire ancestrale :

  • Le Léopard à double couronne apparaissait, majestueux et terrifiant, annonçant l’ascension d’un descendant légitime.
  • La dégénérescence de G’harne se révélait : descendants presque animaux, mémoire corrompue par le mal ancien.
  • L’effondrement de la “route céleste” promettait la chute des structures humaines, préparant la scène pour la rébellion de la Confrérie.
  • Le Serpent ravageur et les dholes ravageaient les cités, laissant derrière eux désolation et peur.
  • Les étoiles filantes dans le ciel nocturne semblaient pleurer la fin possible de l’humanité.

Puis vint l’affrontement final. Le plan reposait sur l’utilisation d’un cobra blanc, instrument rituel pour contenir le chaos. Nophru-Ka, fusionné avec son descendant Edward Chandler, apparut dans une forme hybride, un mélange de chair et de cauchemar. À chaque mouvement, il semblait se transformer en entité monstrueuse, incarnation de Nyarlathotep, la Bête sans visage, spectre du Sphinx.

Nébamoun, revêtu de la peau de panthère, sentit son esprit vaciller sous la domination de Nophru-Ka. L’identité s’érodait, absorbée par l’ancien pouvoir. C’est alors que Anty, dans un geste brutal mais nécessaire, trancha la tête de Nébamoun, stoppant la résurrection de Nophru-Ka et retardant l’avènement du Jour de la Bête.

Pour l’instant, l’Égypte respire encore. Mais les ombres de Nophru-Ka et les échos de la Confrérie de la Bête demeurent, et les étoiles, silencieuses, continuent de témoigner du destin qui pourrait un jour engloutir le monde.

Le Conflit des Divinités et des Pouvoirs

Le pharaon Chasechemre Neferhotep Ier a manifesté son opposition la plus ferme face à l’influence croissante de Nophru-Ka, prêtre égyptien renégat originaire de Xois. Sous l’inspiration de Nyarlathotep, Nophru-Ka a fomenté un complot contre le trône, cherchant à étendre sa domination par des rituels occultes.

Les adeptes de Nophru-Ka vénéraient le dieu maléfique dans des temples souterrains, préparant l’invocation des dholes, créatures venues des étoiles. L’image de la “panthère noire couronnée” correspond à la symbolique de la Confrérie de la Bête, société secrète dédiée à la prophétie du prêtre renégat.

Historiquement, Nophru-Ka a été assassiné en 1733 av. J.-C. par des émissaires du pharaon dans un temple isolé du désert. Toutefois, avant sa mort, il prononça une sombre prophétie, consignée dans le Kitab al Azif (le Necronomicon), annonçant la résurgence de sa lignée et le chaos imminent.

Missions et Diplomatie à Bouto

Sur place, Dététest et Baofré ont constaté les signes inquiétants de déchéance : famine persistante, montée des partisans de Nophru-Ka et indices de la lignée maudite en sommeil à G’harne.

Les archives historiques révèlent que la famille de Nophru-Ka survécut à la traque royale en fuyant vers l’ouest, guidée par des visions oniriques jusqu’en Afrique centrale. La demande de Nébet pour que son fils accède au trône s’aligne avec la prophétie : “le fils se lèverait pour réclamer le titre, régirait le monde au nom de son père”.

Le pharaon Neferhotep Ier, conscient du danger, préparait ses défenses, anticipant que Nophru-Ka pourrait utiliser ses adeptes pour attaquer les palais pendant l’intervention militaire contre les dholes.

Rapports de Guerre et Espionnage

  • La marque du scorpion : Le chef militaire, Jet, porte les stigmates d’une attaque surnaturelle. Les rapports d’espionnage signalent la présence de créatures cauchemardesques et de paysages extraterrestres peuplés de vers et de shans, insectes inquiétants liés aux rituels de Nyarlathotep.
  • Disparitions à Bouto : Des victimes sont conduites au “Château d’Éternité”, suggérant des sacrifices rituels par la Confrérie ou la création de “zombies électroniques” destinés à semer la terreur.
  • Une prêtresse de Ouadjet a averti d’une menace globale : un soulèvement coordonné par la Confrérie visant à plonger l’humanité dans la folie.

Visions et Présages Nocturnes

Les rêves prophétiques de Dététest ont révélé plusieurs présages :

  1. Le Léopard à double couronne : symbole du descendant légitime entrant dans sa cité pour régner sur le monde.
  2. Vision d’horreur : montre la dégénérescence des descendants de Nophru-Ka à G’harne, presque devenus animaux.
  3. Effondrement de la “route céleste” : allusion à l’implosion des structures gouvernementales lors du soulèvement mondial.
  4. Le Serpent ravageur : annonce la destruction provoquée par les dholes.
  5. Étoiles filantes : présage de la chute du monde dans le chaos, laissant l’humanité vulnérable aux puissances du Mythe.

L’Affrontement Final

  • Le plan de protection : L’utilisation d’un “cobra blanc” visait à contrer Nophru-Ka, rappelant les rituels d’exorcisme pour repousser les forces extraterrestres.
  • Nophru-Ka et son descendant : Lors de l’affrontement, Nophru-Ka pouvait fusionner avec Edward Chandler, son descendant moderne, pour prendre une forme hybride.
  • Transformation monstrueuse : Nophru-Ka se métamorphose parfois en chauve-souris ou en entité surnaturelle, manifestation directe de Nyarlathotep, incarnant la Bête sans visage.
  • Influence psychique de la panthère noire : Nébamoun, en revêtant la peau de panthère, succombe à l’esprit de Nophru-Ka, risquant la perte de sa propre identité.
  • Intervention décisive : Anty tranche la tête de Nébamoun, mettant fin à la tentative de résurrection de Nophru-Ka et retardant l’accomplissement du “Jour de la Bête”.

Conclusion

Le Jour de la Bête a été momentanément empêché grâce à la vigilance des agents du Pharaon et au sacrifice d’Anty. Toutefois, la prophétie et les visions nocturnes indiquent que le danger persiste, et que les forces de Nyarlathotep et de la Confrérie de la Bête continueront de chercher à faire tomber l’humanité dans le chaos.

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