L’étude du Codex Engeltot révèle peu à peu l’ampleur de la corruption qui accompagne sa transmission depuis le XVIe siècle. Rédigé à Prague en 1504 par Reinhold Engeltot, après de mystérieux contacts avec les émissaires d’un prétendu royaume secret, l’ouvrage fut rapidement associé à des pratiques hérétiques.
Contexte
Lorsque l’Inquisition investit sa demeure, elle découvrit sous celle-ci un réseau de tunnels dont le contenu fut jugé si dangereux que les autorités ecclésiastiques choisirent d’en murer définitivement l’accès avant de condamner Engeltot à l’écartèlement. L’horreur ne s’arrêta pas là : plusieurs décennies plus tard, le copiste Manfred von Ingolstadt, chargé d’en reproduire le contenu, sombra à son tour dans une folie délirante dans un lazaret autrichien, couvrant les murs de sa cellule de glyphes avant de mettre fin à ses jours.
L’exemplaire désormais entre les mains des investigateurs provient de la bibliothèque de John Dee. Cette traduction anglaise de 1571, reliée dans un cuir dont l’origine paraît douteuse, rassemble près de quatre cents pages de symboles et de textes ésotériques dont l’étude exige des jours entiers de concentration. Plus les investigateurs progressent dans son déchiffrement, plus ils soupçonnent que le manuscrit n’est pas seulement un recueil de savoir interdit, mais un vecteur actif de contamination mentale.
L’expédition au 24 Jefferson Street, à Marblehead, confirme que les phénomènes liés à la Lisière ne se limitent plus à des visions ou à des expériences isolées. À l’emplacement supposé d’une demeure se trouve en réalité un terrain vague jamais construit. Un vagabond du quartier affirme pourtant y avoir vu Ji Kei et un complice creuser la terre quelques semaines auparavant.
Les investigateurs découvrent rapidement des anomalies biologiques troublantes. Une zone entière grouille d’asticots blanchâtres alors qu’aucun cadavre n’est présent. Sous cette masse organique prolifère une épaisse moisissure noire identique à celle observée dans le cimetière d’Old Burying Hill, où elle réapparaît sans cesse malgré les tentatives de nettoyage. Au centre de cette terre récemment retournée, le groupe met au jour un coffret de bois ferré contenant une pierre grise parfaitement lisse, gravée d’un glyphe inconnu. L’objet ressemble moins à une relique qu’à une balise ou à un point d’ancrage rituel.
Ces découvertes renforcent l’hypothèse formulée par Milo : certaines zones du Massachusetts seraient devenues des points de contact entre la réalité et un monde en décomposition qui cherche progressivement à s’y infiltrer.
Les recherches menées à Salem apportent un nouvel éclairage sur les activités de Ji Kei et sur les ramifications internationales du culte. Grâce aux travaux de Franck Gifford et aux écrits d’Edward Delaney, les investigateurs découvrent l’existence d’une secte implantée dans les provinces chinoises du Shanxi et du Sichuan. Ses adeptes vénèrent une entité appelée Celui qui est la douleur, décrite comme une gigantesque plaie vivante, et pratiquent l’automutilation comme forme de communion mystique.
Dans le même temps, l’attention du groupe se porte sur les époux Jackson, antiquaires installés près de Gallow’s Hill. Sous couvert d’une visite anodine, Milo et Mae constatent l’intérêt obsessionnel du couple pour la statuette récupérée durant l’enquête. Plus inquiétant encore, les Jackson utilisent un appareil Kodak inhabituellement compact pour photographier l’objet et prétendent pouvoir obtenir des informations sur son origine dès le lendemain. Leur empressement, combiné à leurs possibles activités de trafic d’antiquités, laisse craindre leur implication dans un réseau bien plus vaste.
À mesure que les indices convergent, l’enquête glisse vers une dimension de plus en plus psychologique et métaphysique. Les théories de Milo sur l’existence d’un monde putréfié commencent à l’affecter physiquement : migraines, vertiges et visions laiteuses se multiplient à chaque fois qu’il s’approche des zones contaminées.
L’apparition d’un message écrit à l’encre rouge dans la poche d’Earl accentue encore le malaise : Tu penses que c’est fini ? Oui, nous avons échoué… Je suis désolé. L’origine de cette note demeure inconnue, mais son existence suggère soit une surveillance constante du groupe, soit une altération plus profonde de la réalité elle-même.
Enfin, une dernière découverte vient troubler davantage les investigateurs : Mei remarque que le nom de Yelena Dedward pourrait être une anagramme d’Edward Delaney, l’auteur de Sorcières de Nouvelle-Angleterre. Cette coïncidence improbable laisse penser que l’identité même de certains acteurs de l’enquête pourrait relever de la dissimulation, du pseudonyme ou d’un jeu d’influences traversant les époques.
Dans l’attente du retour de Stanley et Kaya, le groupe prépare désormais deux prochaines étapes décisives : confronter les Jackson et se rendre à Providence afin de consulter H. P. Lovecraft, dans l’espoir que l’écrivain puisse apporter un éclairage sur les passages les plus obscurs du Codex Engeltot et sur la véritable nature de la Lisière.
Synthèse des événements
Le Codex Engeltot : Un héritage de démence
L’histoire du manuscrit est marquée par une corruption physique et mentale systématique :
- Genèse et Châtiment : Reinhold Engeltot a rédigé l’ouvrage à Prague (1504) après avoir reçu la visite d’émissaires d’un royaume secret. Accusé de sorcellerie, l’Inquisition a découvert des tunnels sous sa demeure, dont le contenu est resté si secret que l’Église a préféré les murer définitivement avant d’exécuter l’auteur par écartèlement.
- La Malédiction du Copiste : Manfred von Ingolstadt, qui a réalisé les reproductions, a sombré dans une démence blasphématoire dans un lazaret autrichien. Avant de se suicider, il a recouvert les murs de sa cellule de glyphes étranges à la craie.
- L’Exemplaire des Investigateurs : Il s’agit d’une traduction anglaise de 1571 provenant de la bibliothèque de John Dee. L’ouvrage, relié en cuir possiblement humain, compte 400 pages de symboles et nécessite une étude approfondie (3 jours par session) pour en percer les secrets.
Marblehead : La lisière du monde putréfié
L’expédition au 24 Jefferson Street confirme que la corruption de la Lisière s’étend géographiquement :
- Le Terrain Vague : Contrairement aux attentes, l’adresse n’est pas une demeure mais un terrain jamais construit. Un nécessiteux local confirme que Ji Kei et un acolyte y ont fouillé la terre il y a un mois.
- Anomalies Biologiques : Une zone est saturée d’asticots blanchâtres sans qu’aucun cadavre ne soit présent. Sous ces vers se trouve une épaisse couche de moisissure noire fongique, la même qui réapparaît sur les tombes du cimetière Old Burying Hill (1638) malgré les nettoyages.
- Le Coffret : Une parcelle de terre fraîchement retournée a permis de découvrir un coffret en bois orné de ferrures. Il contient une pierre grise lisse gravée d’un glyphe inconnu, suggérant un dépôt rituel ou une balise.
Culte de la Douleur et Antiquaires suspects
Les recherches à Salem révèlent une structure religieuse derrière les actions de Ji Kei :
- Celui qui est la douleur : Franck Gifford a identifié un culte dans les provinces du Shanxi et du Sichuan. Selon l’ouvrage d’Edward Delaney, les adeptes pratiquent l’automutilation pour communier avec une divinité décrite comme une gigantesque plaie.
- Les Jackson : Ce couple d’antiquaires de Gallow’s Hill est suspecté de trafic d’art. Lors d’une visite sous couverture, Milo et Mae ont remarqué leur intérêt marqué pour la statuette du groupe, qu’ils ont photographiée avec un appareil Kodak étonnamment compact pour 1920. Jackson prétend déjà avoir des renseignements dès le lendemain.
Synthèse et Menaces Imminentes
L’enquête bascule dans une phase de danger psychologique et métaphysique :
- Théorie de la Putréfaction : Milo suggère que ces zones d’anomalies (moisissure, asticots) sont des points de passage où un monde putréfié empiète sur la réalité. Ces réflexions provoquent chez lui des malaises physiques et des visions laiteuses.
- Le Message Rouge : Une note à l’encre rouge cuivrée est apparue mystérieusement dans la poche d’Earl : Tu penses que c’est fini ? Oui, nous avons échoué… Je suis désolé. Ce message sème le doute sur l’issue de leur quête.
- Planification : L’équipe attend le rétablissement de Stanley et Kaya avant de confronter les Jackson. Un voyage à Providence pour consulter H.P. Lovecraft est également envisagé pour éclaircir les aspects les plus obscurs du Codex.
- Yelena Dedward anagramme de Edward Delaney : Mei remarque que le nom de famille de Yelena Dedward pourrait-être une anagramme de Edward Delaney, l’auteur de Sorcières de Nouvelle-Angleterre.
Plan d’actions
Voici le plan d’actions réorganisé par ordre alphabétique (basé sur l’objectif), tout en conservant les informations et les priorités issues des sources :
| Objectif | Lieu | Détails | Priorité |
|---|---|---|---|
| Analyse de la pierre de Marblehead | Salem | Étudier la pierre grise et son glyphe inconnu trouvés dans le coffret au 24 Jefferson St. | Haute |
| Analyse du Signe de Wilkins | Salem / Région | Étudier ce symbole qui s’apparente à un plan transposable reliant les 14 sites de renforcement. | Basse |
| Autopsie de Ji Kei | Hôpital de Danvers | Analyser sa résistance anormale pour confirmer une nature non-humaine ou l’influence du culte de la Douleur. | Moyenne |
| Confronter les Jackson | Gallow’s Hill, Salem | Suivre la piste de ces antiquaires suspects et de leur carnet de comptabilité codé. | Haute |
| Décrypter le Codex Engeltot | Salem | Étudier la traduction de 1571 (John Dee). Nécessite 3 jours par session pour anticiper le rituel [Résumé, 168]. | Haute |
| Enquête Thelma Nicols / Hobbs | Salem / Danvers | Éclaircir ces noms cités par Morton, liés à l’affaire Gardner et aux rites de 1692. | Basse |
| Enquête sur Yelena Dedward | Burton Book Shop | Exploiter la découverte de l’anagramme (Edward Delaney) et surveiller sa librairie sur Briggs St [Résumé, 33]. | Haute |
| Filature de la Ford T | Salem | Identifier les hommes (gang de Boston) surveillant le domicile de Morton. | Moyenne |
| Interpréter le Message Rouge | Salem | Comprendre l’origine de la note trouvée par Earl : Tu penses que c’est fini ?…. | Moyenne |
| Lien Mary Halliwell / Sinara | Salem | Comparer les visions de la cité de Sinara avec les souvenirs de Mary pour établir une connexion. | Basse |
| Photos | Salem | Analyser les clichés macabres du Wagon 4928 (trophées de Ji Kei) et ceux de l’autopsie. | Haute |
| Recherche sur H.P. Lovecraft | Bibliothèques de Salem | Chercher des textes sur la Cydathrie ou le manuscrit d’Iranon. | Moyenne |
| Vérification généalogique de Slate | Archives de Salem | Confirmer si l’entité rencontrée en rêve est bien le cousin de James Gardner. | Moyenne |
| Vérifier la résurrection de Morton | Hôpital de Danvers | Enquêter sur la piste d’un second Morton suggérée par les récents événements à l’asile. | Haute |
| Voyage à Providence | Providence, RI | Rencontrer Lovecraft pour obtenir des clés sur la cité de Sinara et la traque de Lui. | Moyenne |

